Avec un troisième album en anglais, on souhaite franchir la frontière américaine.
(Photo:Courtoisie)
Corneille mène sa vie comme il veut
Cornélius Nyungura a beau être devenu Corneille, le succès n’a pas changé ses valeurs humaines. Pas plus que la tragédie n’a altéré sa foi en la vie. Sa popularité, il ne la perçoit pas comme une revanche sur le malheur mais comme une clé lui permettant de se dépasser en tant d’être humain.
« Le succès, c’est éphémère, constate Corneille, les deux pieds sur terre. Ce n’est pas un baromètre. Ma revanche, c’est plutôt de continuer à vivre malgré tout ce qui s’est passé et de garder foi en la vie. À la fin de ma vie, ma réelle victoire, ce sera ça. »
Au moment même où sa carrière lorgne du côté «étatsunien» – avec la sortie de son premier album en anglais « The birth of Cornelius » signé avec la célèbre compagnie Motown- il pense à la famille. Celle qu’il a trouvée avec sa toute nouvelle épouse et celle qu’il compte aussi fonder avec elle.
La famille vient en tête de liste dans ses priorités. Quoi de plus normal lorsqu’on est seul au monde? Chanson cri du cœur du cœur s’il en est une, son message est clair depuis le début de sa carrière : il ne veut pas perdre ses valeurs humaines de vue.
Si Corneille connaît maintenant autant de succès en Europe qu’au Québec, il tient à garder une simplicité dans son quotidien. Et ce ne sont pas les portes qui s’ouvrent devant lui qui l’empêcheront de mener sa vie comme il l’entend. « Je réévalue mon rapport à l’ambition. Je pense qu’au contraire, quand les choses marchent bien, t’as le choix de mener ta vie comme tu veux », affirme Corneille.
C’est d’ailleurs le message qu’il lance aux nouveaux artistes en émergence. Il reproche un peu aux médias de fausser le rapport entre le public et les artistes. « Le regard qu’on porte aux artistes est affecté par les médias. Ça créé un rapport pas très naturel et ça devient parfois difficile », pense le chanteur. Si, un réel star system a mis longtemps avant d’émerger au Québec, Corneille croit que la situation risque de changer à cause du phénomène de la télé réalité. Lui veut éviter cela. C’est pourquoi, il veille à ne pas trop se surexposer et qu’il refuse même certaines invitations médiatiques.
C’est sa façon de contrôler sa carrière, sa vie. Et de ne pas prendre la grosse tête. Pourtant, il le pourrait. Le Japon lui ouvre les bras. Il vient d’ailleurs d’y lancer son troisième album. Du 13 au 16 février, il sera la vedette du Casino de Montréal.
Il y aura aussi le Gala des SOBA le 2 mars prochain, un événement qu’il soutient et pour lequel il est en nomination dans plusieurs catégories en tant qu’artiste R&B, Soul francophone et anglophone : Artiste de l’année, chanson francophone de l’année « Viens », Chanson anglophone de l’année « Too much for everything », Vidéoclip anglophone de l’année, Album anglophone de l’année « The birth of Cornelius », Artiste ou groupe anglophone de l’année, Le prix SOBA « Choix du public ».
Ce gala, qui en est seulement à sa deuxième édition, vient récompenser les artistes de la communauté noire. « C’est une partie musicale qui n’est pas très représentée par les médias et par les radios donc ça, je l’encourage. Ce qui est le fun aussi, c’est qu’il s’agit d’un gala géré par un comité d’individus d’origine minoritaire. »
Et Corneille? Se perçoit-il comme un modèle positif auprès de la jeunesse noire? « Ce n’est pas ce que je cherche, mais oui, certainement. Ça me fait plaisir quand l’art réussit à faire ça. Mais si l’on se voit comme un modèle, on peut très vite se sentir obligé de faire certaines choses et se censurer. J’ai été tenté de le faire. Pourtant, le plus épanoui et le plus libre on est, meilleur artiste on devient. »
(Photo:Courtoisie)