Joanne Dero artiste-peintre.
(Photo : Pépé )
Communiquer par l’art
Joanne Dero artiste et enseignante
Dès son retour à la création artistique, Joanne Dero s’est engagée à offrir un pourcentage des ventes de ses œuvres au Centre Rayons de Femme Thérèse-De Blainville, son intérêt pour l’art et les personnes ne sont toutefois pas une première pour l’enseignante et l’artiste.
D’abord enseignante et mère, Joanne Dero a décidé vers les années 2000 de revenir à la peinture et à l’accomplissement de vieux rêves. «Même dans mon enseignement je propose aux élèves des projets en art, j’ajoute toujours ce volet à la mission éducative, parce que cette forme d’expression rapproche les personnes», explique-t-elle. L’enseignante travaille depuis une dizaine d’années auprès des adultes inuits en milieu carcéral et a également enseigné à la maison du Portage auprès des adultes et adolescents qui y étaient accueillis. Bien que Joanne Dero ait auparavant enseigné dans une école secondaire régulière, elle préfère sans équivoque les milieux qui placent l’approche de la personne avant les résultats académiques et les systèmes. «Dans ces groupes, il faut d’abord prendre soin de la personne et établir des relations de confiance avant même de vouloir transmettre les connaissances. L’apprentissage doit être agréable, nous devons établir la communication, les personnes ne sont pas des machines, et c’est la personne qui est la plus importante», croit la pédagogue et l’artiste qui partage des points communs avec la culture amérindienne.
«D’abord, le respect de la nature que je partage avec eux, et j’ai aussi appris la notion du temps, ils prennent le temps d’observer, de réfléchir avant de réagir. Ça m’a aussi appris à davantage apprécier le moment présent», raconte l’artiste qui a pris plusieurs détours avant d’amorcer une carrière en art bien qu’elle peigne, dessine et s’intéresse à l’art depuis l’enfance. «Mon cheminement a été long, j’ai eu mes enfants, mais depuis le début des années 2000 je m’y suis remise plus sérieusement. Les thèmes que j’aborde sont aussi présents depuis toujours, j’ai découvert que mon nom, Dero, veut dire «qui vient des arbres», j’ai l’impression d’explorer par la peinture des valeurs, mes racines, des cultures différentes et qui se traduisent par la vie».
La peinture de Joanne Dero présente des paysages, parfois un seul arbre, une seule plante, ou une forêt, mais toujours en mouvement. «Mes relations avec les personnes, les amis, les échanges, les moments de la vie inspirent mes créations. Parfois je ne sais pas ce que sera l’œuvre finale quand je débute, mes œuvres sont toujours une superposition de couches qui font évoluer le mouvement, la couleur, et les symboles», explique l’artiste qui vient de conclure une exposition de dix-sept tableaux rassemblés sous le titre Voyages du cœur.
Cette première sera suivie en mars par une série sur la féminité, «je veux explorer ce thème pour une exposition durant le mois de la femme, j’espère que mon projet va fonctionner». L’artiste a en effet, décidé, dès ses débuts de verser un pourcentage de ses ventes au Centre Rayons de femme, «je veux retourner à la communauté ce que j’ai reçu, au fil des années tout le monde a besoin de ressources, d’un appui, d’une référence, ou d’échanger».
Joanne Dero a exploré dans les années passées ses racines, mes grands-parents du côté de mon père sont venus de l’Ukraine, mes grands parents maternels sont d’origine suisse-allemande, et américaine, c’est un mélange qui m’a aussi donné le goût durant des années de mieux connaître cette culture, cette spiritualité et les liens ancestraux. Plusieurs voient dans mes tableaux une touche slave, j’aimerais bien découvrir par moi-même l’art ukrainien contemporain et les racines de cette culture».
(Photo : Pépé )