Ils étaient plus d’une cinquantaine à manifester contre le caractère obligatoire de l’entente de développement le 19 décembre dernier.
(Photo : Pépé )
Un dialogue de sourds
Litige à la CSSMI
Maintenir un haut niveau de compétences; une responsabilité de l’enseignant en vertu de la loi sur l’instruction publique et un droit que voudrait s’approprier la Commission scolaire de la Seigneurie des Mille-Îles (CSSMI) malgré tout. Réunis mercredi midi devant les bureaux de la commission scolaire, les principaux membres de la direction des neuf syndicats qui composent la Fédération autonome de l’enseignement ainsi que quelques enseignants ont manifesté leur profond désaccord à ce sujet.
Avec ce nouveau programme de gestion par compétences, la CSSMI revendique un droit appartenant aux enseignants en leur demandant de se soumettre à une entente de développement. Un plan qui serait appliqué mur à mur, à tous les enseignants de façon à les évaluer pour déterminer les forces et faiblesses de chacun. À partir de cette évaluation, la direction pourrait diriger l’enseignant vers une formation.
«Ce n’est pas que nous soyons contre le principe de la formation continue, au contraire nous encourageons nos membres à se perfectionner, mais c’est le caractère obligatoire de ce plan que nous désapprouvons, explique le président du Syndicat de l’enseignement secondaire des Basses Laurentides (SESBL), Martin Lauzon. L’enseignant lui-même est le meilleur juge en ce qui concerne ses besoins en formation.»
Un plan d’abord offert aux enseignants volontaires, mais qui devra s’appliquer à tout le personnel de la commission scolaire. «À l’automne 2006, on nous a offert de participer à l’élaboration du document d’évaluation, mais les fondements de cette entente sont insultants pour les enseignants qui voient ainsi leurs compétences remises en question», souligne Martin Lauzon.
C’est cependant une fin de non recevoir qu’ont reçu les membres de la fédération qui espèrent voir la question se régler devant un tribunal d’arbitrage. Un procédé qui pourrait être utilisé à des fins disciplinaires? À la CSSMI, on affirme que non, mais c’est tout de même ce que les membres de la fédération craignent.
«L’article 22 de la loi sur l’instruction publique est claire, c’est une responsabilité de l’enseignant, mais la CSSMI veut passer outre la loi et la convention collective et imposer ce règlement sans entrer en négociations», déplore le président du SESBL.
Pour Martin Lauzon, la CSSMI fait en quelque sorte le choix d’encadrer ses enseignants plutôt que d’encadrer ses élèves. «En s’appuyant sur la réussite scolaire des jeunes, on s’attaque à la compétence des enseignants et à leur capacité de reconnaître eux-mêmes leurs besoins en termes de formation et de perfectionnement.»
Un plan de formation qui impliquera nécessairement des dépenses en termes de ressources qui devraient plutôt être investies dans des activités de perfectionnement, selon Martin Lauzon. À la fédération, on craint surtout de voir le climat dans les écoles se détériorer, ce qui contrairement à l’objectif de départ, n’améliorera pas les conditions de réussite des élèves.
(Photo : Pépé )