En parlant de son intégration à la coop La 5e Fourchette, Marie-Josée Poitras dit: «Je pense que j'étais comme le morceau du casse-tête qui manquait; quand je suis arrivée j'étais à ma place, je me suis sentie bien dès les premiers instants». (Photo Pépé)
Le secret est dans la sauce
... et dans la sauce il y a beaucoup d'amour
Technicienne en diététique de formation et superviseure de la cuisine à la Coop La 5e fourchette qui embauche des personnes avec divers handicaps qui y préparent des mets cuisinés, Marie-Josée Poitras est littéralement intarissable sur son travail et sur le chemin parcouru depuis six mois par la petite équipe de la coop, qui s'affaire derrière et autour des chaudrons.
Elle nous le dira de multiples façons au cours de l'entrevue... «Ça a rallumé ma flamme à moi... J'attendais ça d'une certaine façon... La vie fait bien les choses» pour expliquer comment son stage initial de six semaines «Un emploi à ma mesure», puis son embauche à la coop, après un long séjour comme prestataire de la CSST, lui a redonné des ailes. «Mes idées ont été bien acceptées dès le départ et j'étais à l'écoute du projet», dit Marie-Josée.
Alors, la technicienne en diététique qui avait un solide bagage d'une quinzaine d'années en centre de la petite enfance, se lance dans la conception d'un menu de 80 plats différents sur un cycle de 20 jours, pour offrir des repas cuisinés à la clientèle d'une très grande variété: quatre plats principaux par jour: un végétarien, un dit «actuel», un plat traditionnel et un plat santé. Sans compter les repas à la carte, que l'on offre de préparer selon les goûts du client qui se présente au comptoir.
Peu à peu les activités de La 5e fourchette qui étaient principalement prévues dans la vente de mets cuisinés au comptoir évoluent vers la préparation de mets pour les entreprises, les institutions, les écoles, les garderies, puis le service de traiteur pour diverses occasions, avec un souci de qualité et de raffinement qui doit faire tiquer certains rivaux de l'entreprise privée à proximité...
«L'amour est transmis au travers des plats»
Mais assurer une certaine production quotidiennement avec des travailleurs qui ont un handicap physique ou intellectuel doit bien présenter des difficultés particulières? «On ne peut pas gérer l'état de la personne. Ce sont des gens qui ont besoin d'être encadrés. Mais c'est rien de majeur. Ils sont fiers de ce qu'ils réalisent. On leur redonne de l'énergie... On ne peut pas mettre trop de pression, sinon on perd la productivité de la personne. On y va petites bouchées par petites bouchées», illustre Marie-Josée Poitras avec une image tout à fait de circonstance et elle donne en exemple divers moyens simples qu'elle a institués: un tableau de tâches, des feuilles de rappel, etc.
Et Marie-Josée est au quotidien avec ses coéquipiers dans la cuisine, pour goûter à tous les plats préparés, adaptant quotidiennement les recettes à la manière de La 5e Fourchette, réduisant jusqu'au minimum qu'elle estime requis le sel, le sucre, le gras dans certains plats. «On est en train de définir nos produits», explique-t-elle.
«Je donne beaucoup d'énergie, mais je reçois trois fois plus! Je suis fière d'être de cette équipe-là... On en a tous une limitation... Ils attendent juste d'être aimés!», s'exclame-t-elle en parlant du personnel de la coop. Et pour illustrer la motivation des employés, elle ajoute: «Même le jour de la tempête (lundi dernier), ils étaient tous là, même celle qui a une jambe artificielle.»
Et encore, tiens, quand je vous disais qu'elle était intarissable: «Ici l'amour est transmis au travers des plats. Quand la personne se présente au comptoir (pour commander un repas) elle applique le principe de donner au suivant.», conclut Marie-Josée Poitras.
Joyeuses fêtes à vous et à votre équipe de cuisiniers, Marie-Josée, même si on sait que les prochaines semaines seront fort occupées pour La 5e fourchette!