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Algonquins 101

«Le Peuple invisible» de Richard Desjardins et Robert Monderie fesse fort en nous braquant la figure sur la situation tiers-mondiste des communautés algonquines de l'Abitibi, du Témiscamingue et du parc de la Vérendrye

par Donald Brouillette
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Article mis en ligne le 11 décembre 2007 à 13:29
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Algonquins 101
«Manque-les pas crisse!» s'est fait dire Richard Desjardins par un de ses chums, alors qu'il lui confiait qu'il préparait un documentaire sur les Algonquins. Ouf… (Courtoisie)
Algonquins 101
«Le Peuple invisible» de Richard Desjardins et Robert Monderie fesse fort en nous braquant la figure sur la situation tiers-mondiste des communautés algonquines de l'Abitibi, du Témiscamingue et du parc de la Vérendrye
Des spectateurs en général sous le choc ont assisté aux deux projections du film «Le peuple invisible» de Ciné-Groulx à Sainte-Thérèse le jeudi 29 novembre. Colère, indignation, frustration animaient plusieurs des personnes rencontrées, à l'égard du rôle joué par les pouvoirs publics et les communautés religieuses, dans l'extinction des droits territoriaux et la prise en charge des Algonquins de l'Abitibi-Témiscaminque.
«Christie que le gouvernement a ben réussi son coup!», s'est exclamée une spectatrice dont la grand-mère est métisse et qui ignore toujours de quelle ethnie autochtone elle est issue.

Effacer les droits, effacer la fierté, effacer la mémoire… «Le Peuple invisible» illustre notamment comment toute une génération de jeunes algonquins a été envoyée dans des pensionnats dans les années 1950-1960, coupée dix mois par année de leur communauté, pour y apprendre le français avec l'interdiction formelle de parler leur langue.

«Je suis en état de choc. J'en savais une partie, mais c'est encore pire que je pensais. Ça existe à côté de chez nous et il n'y a pas moyen de régler ça. Je ne sais pas comment je vais faire pour dormir ce soir en pensant à une telle souffrance», confessait pour sa part Nicole Guilbault de Rosemère.

Il est vrai que de longs passages du «Peuple invisible» sont difficiles à voir: perte d'identité, absence d'espoir, violence retournée contre eux-mêmes par les autochtones à travers l'alcoolisme, la drogue, les tentatives de suicide.

«Ce que je retiens c'est qu'il ne semble pas y avoir beaucoup d'espoir, c'est un film très noir. Je ressens un grand sentiment d'injustice. On croit que c'est une infime partie des Indiens qui vivent dans ces conditions, mais là j'ai plutôt l'impression que c'est la totalité. Ça me fait comprendre leur besoin de justice et leur violence», réagissait une spectatrice prénommée Paulette.
Analyser froidement
Devant l'étalage d'autant de misère et du dénuement des communautés algonquines visitées par les cinéastes, certains spectateurs, masculins notamment, essayaient d'analyser les choses plus froidement.
«Certains groupes semblent avoir des moyens (financiers)… C'est la faute à qui (la pauvreté)? Au conseil de bande? Dans certains cas, il semble y avoir deux classes à l'intérieur des communautés», observait un spectateur.

Yvon Dubé affirmait lui: «Je crois que le peuple algonquin doit reprendre la responsabilité du développement de leur culture et de leur économie; un développement qui passera inévitablement par l'intégration des canaux économiques actuels.»

Par contre, deux autres spectatrices opinaient fortement que les Québécois devraient faire leur part dans le redressement de la situation: «C'est révoltant, toute cette misère-là ici! Quand on aide à l'extérieur… Ça me met mal. Ils attendent quoi de nous? Il faut que ça se dénonce.» L'une des deux concluait pourtant avec un peu de frustration à l'endroit de Richard Desjardins: «Tu m'as moralisé au bout'… Mais je peux faire quoi en retournant à la maison? Je trouve ça poche un peu! Est-ce que je peux faire vraiment une différence? Y as-tu quelqu'un qui peut arrêter les Bush de ce monde?»

(Courtoisie)

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