«J'ai des enfants qui n'en font pas du tout (de danse traditionnelle), alors on embraye sur les petits-enfants!», nous confiait l'enthousiaste danseuse trad Céline Richer. (Photo Pépé)
«Je vais être en chaise roulante, je vais faire encore des chorégraphies»
Fondatrice avec Jacinthe Filion en 2001 de la troupe de danse traditionnelle Virons-là de Sainte-Thérèse, Céline Richer manifeste un amour inconditionnel pour le folklore et la danse québécoise, même si elle a parfois l'impression de danser à contre-courant... À l'heure où certains intellectuels essaient de redéfinir le «Nous» québécois, Céline Richer pourrait certes prétendre que la redécouverte de nos racines passe par les pieds!
«On a détruit beaucoup de choses parce qu'on voulait du moderne», observe Céline Richer, quand je lui demande si elle n'a pas l'impression, parfois, de prêcher un peu dans le désert avec sa promotion de la danse traditionnelle québécoise.
L'indifférence fait place au plaisir «quand les gens nous voient et qu'on les fait participer» explique-t-elle, en donnant en exemple la rencontre récente avec de jeunes étudiants italiens en visite au collège Lionel-Groulx ou encore le plaisir multiculturel partagé au Week-end des cultures du monde, fin août, au parc Jean-Drapeau à Montréal.
Ce goût pour le folklore et le plaisir de danser lui est venu tout naturellement, à cause de son père, confie-t-elle, qui écoutait des disques de musique traditionnelle et qui adorait danser. Aussi, l'adolescente du milieu des années 1960 qu'elle était ne s'est pas fait prier pour adhérer à la troupe de danse Les Farfadets qui pratiquait un répertoire international et de la danse folklorique aussi.
Une retraite de vingt ans, au moment de ses maternités et de la période d'éducation de ses enfants, n'a pas réussi à l'éloigner définitivement de la danse. Revenue dans une troupe, les Pieds légers de Laval, elle a finalement conclu: «C'est vraiment du québécois que j'aime, c'est le plaisir qui ressort», explique-t-elle. Avec son amie Jacinthe Filion, elle fonde en 2001 Virons-là avec peu de moyens et sur fond d'incertitude de rassembler assez de membres pour constituer une troupe viable. Finalement, au terme de la première année, ils étaient juste assez nombreux pour espérer une certaine pérennité.
L'apothéose de l'été 2006
Petite troupe de 18 membres, sans conseil d'administration, Virons-là repose toujours sept ans après sa fondation sur les épaules de Céline Richer et de Jacinthe Filion.
Cela n'empêche pas les deux grandes complices de voir grand. À l'été 2006, après avoir réalisé des projets plus modestes, dont une tournée en Gaspésie à l'été 2005, Virons-là participait au festival Interfolk dans le centre-sud de la France.
Malgré ses quelques rides et ses cheveux gris, les yeux de Céline Richer pétillent d'un émerveillement de petite fille lorsqu'elle évoque le jour où la troupe québécoise a dansé dans l'arrière-cour d'un monastère à Langogne, le jour même où Virons-là a été sacrée le coup de coeur de la population locale... «On était différent des autres troupes. On allait chercher les gens pour les faire danser. C'est sûr qu'on a l'âge qu'on a!», nuance Céline Richer, qui mise davantage sur le plaisir convivial de la danse traditionnelle que sur la recherche de performances physiques dans ses chorégraphies.
Car, en plus de danser Céline Richer prépare les chorégraphies de la troupe, recherche les musiques traditionnelles appropriées pour les accompagner. Et au fil du temps, calleux et chanteux se sont agglutinés au groupe!
Si vous voulez voir Céline Richer et sa bande en action, la veillée traditionnelle «Le bal à Catherine» vous attend le 23 novembre à 19 h 30 au Centre culturel et communautaire Thérèse-De Blainville. L'admission n'est que de 10 $. Et swignez votre compagnie...