Sur son arrivée fracassante dans le volleyball collégial l'an passé, Noémie Lefebvre s'explique: «Je savais que j'avais de bons outils, mais je ne m'attendais pas à être perçue comme ça!» (Photo Pépé )
La meilleure, un point c'est tout
Des fois c'est clair... Tellement clair! Tu lis des notices biographiques sur la personne, tu fais une recherche sur Google pour voir ce qui s'est écrit sur elle, tu la rencontres, puis enfin tu parles à son «coach»... Pis là tu te dis merde, pardon diantre!, je viens de rencontrer la meilleure athlète au Québec dans tel sport. Ainsi Noémie Lefebvre.
On parle de qui là? Noémie Lefebvre, 18 ans, joueuse étoile de l'équipe de volleyball AAA du collège Lionel-Groulx depuis l'année dernière et un peu la perle sportive de Ville de Lorraine.
«C'est la meilleure athlète que j'ai coachée. C'est la meilleure joueuse au Québec dans sa catégorie. L'an passé à sa première année collégiale, elle a pas mal remporté tout ce qu'elle pouvait!», témoigne son entraîneur chez les Nordiques de Lionel-Groulx, Danyk Sauro, qui la connaît depuis huit ans.
Elle pourrait avoir la grosse tête avec toute cette réputation qui la précède. Ce n'est pas le cas. Elle est arrivée avec sa petite bouteille d'eau à la main, un peu timide, en ce mardi matin 6 novembre, pour me rencontrer entre deux cours au collège Lionel-Groulx.
Curieusement, j'avais autant envie de lui parler de son vécu d'étudiante que de ses prouesses sportives. Étudiante en Sciences humaines- profil gestion des organisations, Noémie Lefebvre en est à sa deuxième et dernière année au collège Lionel-Groulx, un parcours dans le temps minimal prévu pour le programme préuniversitaire: deux ans, ce qui n'est pas si fréquent de nos jours. Elle sourit: «Avant de venir ici on m'a dit: si tu prends plus de deux ans, tu risques d'y rester longtemps!»
Et puis, un horaire un peu soviétique... Vingt-cinq heures de cours, vingt heures de volley et d'entraînement physique, vingt heures de travail à l'extérieur. «Travailler en plus c'est un choix personnel, je n'y suis pas obligée. Je veux gagner mes sous», prend-elle soin de préciser. Je comprends qu'elle ne veut surtout pas qu'on la plaigne.
Le sens du jeu
Elle a pas mal remporté tout ce qu'elle pouvait, disait son entraîneur. Recrue de l'année au niveau collégial AAA, joueuse la plus utile à son équipe, athlète féminine de l'année au collège Lionel-Groulx, membre de l'équipe étoile canadienne de niveau collégial AAA en volleyball, etc. On arrête là, ok Noémie?
«Quand j'attaque je ne suis pas celle qui frappe le plus fort. Mais j'ai une bonne impulsion et une bonne vision du jeu», m'explique-t-elle. Elle a toujours été comme ça depuis la fin de son primaire et tout au long de son secondaire en volleyball à l'Externat Sacré-Coeur, confirme Danyk Sauro qui l'entraînait déjà à cette époque... «On l'a toujours surclassée avec des plus vieilles. Sa force c'est sa vision du jeu, autant dans la défense que l'attaque. La tendance est aux joueuses spécialisées de nos jours. Noémie est une athlète complète, non spécialisée», résume son entraîneur.
Un peu surprise de sa percée flamboyante l'an passé à son arrivée au collégial, Noémie Lefebvre assume maintenant son rôle. Elle sait que si elle baisse la tête pendant un match, l'effet se fera sentir sur ses coéquipières. La saison de volleyball collégial actuelle est encore jeune, mais ça va plutôt bien pour les Nordiques de Lionel-Groulx. Et Noémie Lefebvre a encore des choses à prouver.
Dans les prochaines semaines et les prochains mois, des universités québécoises et peut-être même de l'extérieur du Québec vont lui promettre des ponts d'or et des Cadillac roses pour l'avoir dans leur équipe de volleyball. C'est comme ça dans le sport d'élite. Tout en réfléchissant fort à son avenir, Noémie devra continuer à marquer des points et des points, matchs après matchs. Grosse année.