La voltige équestre permet une relation différente avec le cheval, nous dit Mathilde Fays. Et comment donc! (Photo Pépé)
Debout, à genoux, parfois même la tête en bas, sur un cheval au galop
Dans le manège de la ferme Rodimax, en ce magnifique après-midi d'octobre, une jeune femme de 18 ans se tient debout en équilibre, les bras en croix telle une Jeanne D'Arc, sur un cheval au galop. Miracle? Lévitation? Non, c'est qu'en s'installant au Québec il y a deux ans, Mathilde Fays a amené avec elle dans ses bagages tout son amour et toute sa maîtrise de la voltige équestre.
S'il faut rendre à César ce qui lui revient, donnons à Mathilde Fays, cette jeune femme d'allure très réservée, tout le crédit d'avoir mis sur pied la première école officielle de voltige équestre au Québec, l'école Fleur de Lys de Blainville et d'avoir aussi cofondé l'Association de voltige équestre québécoise, maintenant reconnue par la Fédération équestre du Québec. Tout cela s'est réalisé au cours des deux dernières années, alors qu'elle avait 17 et 18 ans et qu'elle venait de mettre les pieds au Québec, originaire d'Alsace.
L'école de voltige Fleur de Lys est un peu une histoire de famille: Mathilde fait de la voltige avec sa soeur Maude qui est «longeuse», celle qui contrôle le pas et la vitesse du cheval à l'aide d'une longe; sa mère Isabelle Zenner l'aide dans la mise sur pied de l'école et de l'association.
C'est bien Mathilde qui a amené sa famille aux chevaux: «Mes parents n'avaient pratiquement jamais touché aux chevaux!», confie-t-elle. Ayant débuté l'équitation vers 5 ou 6 ans, en Alsace où elle habitait, Mathilde veut cesser quelques années plus tard. C'est alors que sa monitrice lui dit: «J'ai quelque chose pour toi». S'ouvre alors la porte de la voltige sur cheval, une discipline que l'on pourrait assimiler à de la gymnastique artistique sur un cheval au galop, c'est tout simple non?
Suivent des compétitions régionales et nationales en France... «J'adorais ça, j'étais une des plus motivées, j'aidais mon entraîneur», explique Mathilde.
Quoi de plus naturel que déménagée au Québec, Mathilde Fays tente de poursuivre la voltige équestre, quitte à devoir créer au passage une école et une association s'il le faut!
Un rapport différent avec le cheval
«Je ne monte pas vraiment à cheval» pour faire de l'équitation traditionnelle, nous dit Mathilde, qui aime le rapport différent avec l'animal que permet la voltige. Pas besoin de contrôler la vitesse et la direction de l'animal, le longeur (ici la longeuse Maude) s'en occupe. Le plaisir de la voltige c'est l'adrénaline de réussir des mouvements difficiles ou gracieux, sur un animal au galop.
Bien qu'il y ait beaucoup de débouchés à la voltige dans le domaine du cirque et du spectacle, Mathilde Fays préfère s'orienter vers la compétition et c'est pourquoi elle travaille à développer ce sport au Québec, à travers l'association de voltige équestre, pour former d'autres moniteurs. Elle a d'ailleurs fait plusieurs démonstrations au cours de l'été à divers endroits pour faire connaître la discipline.
Cet été son école reposait sur un seul cheval, Kenya, ce qui limite le nombre d'élèves. Un autre animal est en «formation», pour éventuellement offrir des cours à une clientèle adulte. Ça prend un cheval avec un tempérament bien particulier, très calme. Maude, la soeur de Mathilde, fait aussi des compétitions de dressage avec Kenya, pour la stimuler, car tourner en rond dans un manège en permanence, il paraît que c'est monotone pour Kenya!
Kenya-Maude-Mathilde, un trio qui doit être en harmonie lorsque Mathilde évolue sur le dos du cheval au galop, tentant des figures qui défient les lois de la gravité. «
Si l'une de nous deux n'est pas de bonne humeur, Kenya le sent!» dit Mathilde.
Pour plus de renseignements sur la voltige équestre et l'école Fleur de Lys, on peut consulter le site Internet:
www.voltigefleurdelys.com