Françoise Bertrand, présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec, était la conférencière invitée le 24 octobre au midi d'affaires de la CCITB, soulignant ainsi la semaine des chambres de commerce.
(Photo Pépé)
Françoise Bertrand veut secouer «l'immobilisme québécois»
La présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Françoise Bertrand, conférencière invitée au midi d'affaires d'octobre de la Chambre de commerce et d'industrie Thérèse-De Blainville, a tenu des propos sur la nécessité de secouer l'immobilisme québécois qui ont dû résonner comme une douce musique aux oreilles des quelque 200 convives.
Avant d'aborder l'essentiel de son propos, la pdg de la FCCQ a émis son bulletin de santé sur l'économie du Québec, à savoir un C-, lançant au passage un message aux gouvernements d'être proactifs dans leurs décisions concernant les entreprises. Le niveau de vie au Québec peine à rejoindre la moyenne canadienne, il y a une pénurie de main-d'œuvre dans plusieurs secteurs spécialisés, la culture entrepreneuriale au Québec reste à développer, on observe une décroissance des investissements du secteur manufacturier, a résumé Françoise Bertrand, pour expliquer sa note de C-.
Et puis, il y a ces groupes de pression, de toute nature, écologistes, sociaux, qui s'opposent avec force en utilisant habilement les médias, pour bloquer plusieurs grands projets. C'est ce que la présidente de la Fédération des chambres de commerce du Québec qualifie «d'immobilisme québécois».
Avec la collaboration d'un universitaire, la FCCQ a mené une étude de deux cas, où de grands projets ont été bloqués par des groupes de pression et par l'opinion publique: le Suroît et le déménagement du casino de Montréal. Il ressort globalement de l'étude qu'il y aurait eu un «débalancement» dans la couverture médiatique et l'expression d'opinions dans ces deux dossiers, de l'ordre de six pour un en faveur des groupes de pression aux dépens de la position des promoteurs et des organismes d'affaires.
D'où la recommandation qui émane maintenant des FCCQ de créer une agence d'analyse économique «pour compenser la voix du BAPE, de la direction de la Santé publique, etc.» lors de l'analyse de futurs projets, afin que la dimension économique soit aussi prise en compte que les arguments environnementaux et sociaux, explique Françoise Bertrand.
La FCCQ demande aussi aux gouvernements d'harmoniser leurs règles à l'endroit des entreprises, pour que les promoteurs aient l'heure juste sur le niveau de risque de leurs projets.
Enfin, l'organisme qui représente l'ensemble des chambres de commerce du Québec passe aussi un message à l'interne, à ses membres gens d'affaires et chefs d'entreprises: il faut apprendre à consulter et à communiquer. Vous ne pouvez vous débarrasser de cette responsabilité en embauchant un relationniste, si compétent soit-il, résumait avec humour la conférencière.
Communiquer, se concerter davantage avec les populations locales, voilà bien le sens du travail accompli par les chambres de commerce, concluait la conférencière invitée le 24 octobre, journée charnière de cette première semaine des chambres de commerce du Québec
(Photo Pépé)