Marie-Ève Martel, une artiste engagée.
(Photo : Pépé )
Pour ne pas brader la créativité au bénéfice du commerce
Marie-Ève Martel artiste de la relève
Marie-Ève Martel, une jeune artiste de la relève s’étonne encore du tournant qu’a prise sa carrière au cours de la dernière année, prix, exposition solo et des projets qui s’additionnent, pour enfin prendre un envol significatif dans le développement de son art.
«C’est un bon départ, mais je suis loin d’être rendue. Ma démarche se précise de plus en plus, j’ai identifié les sources de mon inspiration notamment mon attachement à la nature, l’environnement, nos racines, ce n’est que les débuts du sujet et je vais y revenir tout au long de ma vie», explique Marie-Ève Martel.
Depuis sa première exposition, à la Galerie d’art de Blainville en 2004, Natura sensibilis, les valeurs et le message se sont affirmés. «La nature, la vie, notre environnement, les souvenirs des valeurs anciennes, me font réagir c’est à partir de cette énergie que je peux créer, en utilisant divers médiums. Je provoque en mettant en contraste la beauté et la destruction des paysages, du patrimoine bâti, de la forêt, de l’espace, etc. Les gens s’arrêtent et réfléchissent, et cette réflexion pourra changer quelque chose», estime l’artiste.
La provocation a souvent résulté des œuvres de l’artiste au cours de ses études, «oui, c’était parfois tout à fait gratuit, mais ce n’était pas pour choquer mais plutôt pour exprimer des situations, je travaille maintenant en pleine conscience des valeurs et des messages que je veux véhiculer. L’art peut être le catalyseur de la responsabilisation de l’humain envers la nature, la compréhension des rapports et des valeurs qui permettront de sauver et de nourrir l’un et l’autre, nous devons vivre ensemble et nous respecter». En regardant autour d’elle et en s’impliquant dans la préservation et la promotion de ces valeurs, Marie-Ève s’est engagée par son action communautaire, notamment dans la défense de la forêt du Grand-Côteau, autour d’elle en posant des gestes pour la protection de l’environnement et en affirmant sa volonté de faire ralentir les gens et la machine, «en quelques minutes de réflexion, on découvre d’autres façons de faire, j’espère qu’en sortant de mes expositions, les personnes vont voir autrement leur monde, leur quotidien, leur espace et leur environnement».
La dernière exposition de Marie-Ève Martel, Spéculations suburbaines, se veut un premier jet très significatif sur le sujet. L’artiste a mis en perspective, la grange d’une époque où l’agriculture symbolisait des valeurs, des façons de vivre, en harmonie avec la nature, et les développements résidentiels qui couvrent maintenant les banlieues. «Les visiteurs sont touchés par la richesse du décor, du paysage et du patrimoine, ils sont confrontés au fil de leur visite, à des représentations des rues couvertes des maisons modernes avec une architecture parfaite mais sans âme. Mes projets exploiteront encore le sujet par l’utilisation de divers médiums, en alliant le dessin et la photographie numérique, ou encore une installation en reproduisant l’intérieur d’une grange dont les ouvertures laisseront voir soit un vestige de l’espace au milieu des murs et des contraintes modernes, j’aimerais présenter cette installation au cours des prochains mois», explique avec enthousiasme l’artiste. Les projets de création et d’expositions de Marie-Ève Martel visent les centres d’art et d’exposition, «je ne veux pas troquer la créativité pour un objectif commercial, ce n’est pas la voie la plus facile pour vivre de son art mais c’est mon choix».
L’artiste ne limite pas les moyens et les techniques pour donner libre cours à sa créativité, «j’aimerais faire de l’illustration de couvertures de livre et des histoires pour les enfants, j’aimerais réaliser des œuvres en résidence, etc. Je veux tout apprendre et je n’aurai jamais fini d’apprendre, l’art c’est aussi le renouvellement constant, il faut se nourrir, expérimenter et continuer toujours», affirme l’artiste de 26 ans qui a franchi des étapes importantes au cours des dernières années.
Après un un DEC en arts plastiques à Lionel-Groulx, un baccalauréat spécialisé en peinture et dessin à l’université Concordia, un stage de jumelage à l’atelier de Lucie Desrosiers avec Praxis Art actuel, un stage de perfectionnement en photogravure avec Carlos Calado chez Graff, Marie-Ève Martel a remporté le premier prix du Symposium de peinture en art actuel des Journées de la culture de Sainte-Thérèse en 2004 et 2006, le prix d’excellence au concours Tous pour l’art l’art pour tous au Musée d’art du Mont St-Hilaire en 2006.
(Photo : Pépé )