Entre le cyclisme et le patinage de vitesse, le cœur de Tessa Collard balance… et balancera encore longtemps, si on se fie à ses propos recueillis le lundi 24 septembre.
(Photo Pépé)
Vite sur ses patins, peut-être encore plus sur ses pédales
Ne demandez pas à Tessa Collard de Rosemère de choisir entre le patin de vitesse et le cyclisme, deux sports qu'elle pratique à un haut niveau, malgré qu'elle n'ait que quatorze ans. Son objectif à long terme: se rendre aux Olympiques dans les deux disciplines… «On a le droit de rêver!», nous lançait-elle avec aplomb lors d'une entrevue réalisée cette semaine.
Les athlètes multisports ont ce même côté fascinant que les musiciens multiinstrumentistes; ils traînent dans leur sillage une image de surdoué. Pourtant, pour Tessa Collard ce n'est pas mystère que le cyclisme et le patin de vitesse se retrouvent souvent associés: «Tous les patineurs de vitesse qui excellent font du vélo de route à un moment donné de leur cheminement, pour garder la forme l'été. Mais l'inverse n'est pas nécessairement vrai: les cyclistes ne font pas tous du patin de vitesse», explique-t-elle.
Tessa, elle, fait les deux depuis plusieurs années déjà: le patin depuis sept ans environ et le cyclisme, elle l'a amorcé quelques années plus tard, quand elle a commencé à performer en patin, dit-elle.
Ainsi, à quatorze ans seulement, Tessa Collard a cinq finales provinciales des Jeux du Québec derrière sa cravate, en cumulant ses participations au patin de vitesse et en cyclisme. Juste cette année, elle est quadruple médaillée des Jeux d'été de Sept-Îles (3 médailles d'argent et une de bronze) en cyclisme, en plus d'avoir récolté une médaille d'or au relais en patin à Repentigny, lors des Jeux d'hiver.
Trois médailles d'argent à Sept-Îles, toujours derrière la même fille? Oui, j'avais deviné juste. Tessa a une grande rivale dans la catégorie Minime (13-14 ans) depuis deux ans, une athlète de la région de Québec: «Je ne suis pas assez patiente», soupire-t-elle. Tessa explique qu'elle a tendance à s'emparer de la première place rapidement lors des épreuves, sa rivale la coiffe à l'arrivée. Peu patiente, elle est aussi la «reine des faux-départs» lors des épreuves de patin de vitesse, rigole-t-elle
À quoi ressemble l'année d'une athlète multisports? Pendant la saison de patin, quatre entraînements par semaine sur glace, d'une à deux heures chacun, plus des exercices hors glace; l'été pour le vélo c'est deux fois semaine, à raison de deux heures, plus la participation à diverses courses. Entre les deux, en avril, un mois de repos environ. Tessa nous rassure avec un sourire: «Il y a quand même beaucoup de social dans le sport!» Fiou.
Et si on se parlait des «vraies affaires» Tessa?
Interviewée (par pur hasard) entre la diffusion des deux épisodes de l'émission Enquête de Radio-Canada sur «l'affaire Jeanson», il était incontournable que nous demandions à Tessa ce qu'elle en pense? D'autant plus qu'au même âge, elle a un profil de réussites qui la classe volontiers dans la catégorie élite de Jeanson.
Comme plusieurs cyclistes professionnels et leurs entraîneurs qui se sont exprimés après la première émission, Tessa Collard trouve dommage que Geneviève Jeanson ait affirmé que le dopage était incontournable pour réussir dans le cyclisme d'élite. «J'aime ça être en groupe. Le vélo de route est le plus individuel des sports d'équipe», dit-elle, laissant entendre qu'elle ne se laisserait jamais isoler autant par un entraîneur que ce fut le cas de Geneviève Jeanson. Et, pour ce que nous avons pu constater, ses parents suivent de très près sa jeune carrière sportive.
«Je veux rester straight jusqu'aux Olympiques! Et si j'arrivais alors dixième et que les neuf filles en avant de moi étaient dopées, je serais tout de même fière de mon résultat», affirme Tessa Collard. C'est la grâce qu'on lui souhaite.
(Photo Pépé)