À l'avant-scène (à droite), la percussionniste Véronique Boucher visiblement heureuse de jouer avec sa «gang» dans son patelin d'adoption, en première de la série estivale des Jeudis Show de Blainville.
Au y'able les maringouins pis le temps frette, il y avait Gar-ban-zo!
À l'exceptionnelle fraîcheur de cette soirée du 28 juin, le groupe musical Garbanzo a opposé la chaleur de ses instruments, l'harmonie des voix, la fantaisie de ses mélodies et son enthousiasme saltimbanque comme ils se plaisent à dire.
Et puis il y avait ce rayon de soleil couchant qui filtrait à travers les arbres du parc Marc-Aurèle-Fortin et qui venait nous réchauffer la nuque, jusque sous le chapiteau où se produisaient le groupe Garbanzo et de nombreux maringouins ayant résisté victorieusement au contrôle biologique des insectes piqueurs.
La formation Garbanzo avait la lourde tâche de démarrer la saison des Jeudis Show de Blainville avec ce spectacle, le tout premier de la première série à vie des Jeudis Show. Il faut se réjouir que plus de 80 citoyens se soient retrouvés dès 19 h dans le parc Marc-Aurèle-Fortin, qui n'est pas précisément au centre des activités civiques et communautaires de la ville, puisque l'événement ne pouvait bénéficier d'aucune tradition des années passées.
Tel que nous en avions parlé en ces pages, Garbanzo écume la mer de la musique avec des rythmes gitans, des sonorités troubadour, des accents celtiques, des ritournelles aux allures du sud de l'Italie ou alors d'Europe centrale ou de l'Est. La richesse de l'instrumentation (accordéon, contrebasse, clarinette, etc.) demeure la meilleure carte de visite du groupe, tout autant que son absence absolue de prétention et sa bonne humeur contagieuse.
À ce chapitre, il faisait bon voir la percussionniste Véronique Boucher installée avec son attirail à l'avant-scène, cool et visiblement heureuse de jouer dans son patelin d'adoption, un sourire permanent accroché aux lèvres et l'œil qui balayait la petite foule, s'arrêtant un peu plus longtemps sur sa p'tite dans les bras d'une proche. Moment de plénitude musicale et matriarcale!
S'il y a un doux reproche que l'on peut faire à Garbanzo, c'est (pour continuer notre allégorie maritime) d'avoir l'impression de naviguer avec eux sur une mer toujours étale. Les pièces musicales se succèdent avec une parenté évidente, fuyant les émotions fortes, ramenant les rythmes qui donnent envie de danser ou de battre des mains, mais dont on oublie rapidement le propos des textes, comme s'il s'agissait parfois d'un prétexte ou d'une enluminure à la musique.
Mais qui donc, mis à part le soussigné, avait le goût d'explorer les recoins les plus noirs de l'âme humaine en ce 28 juin, au parc Marc-Aurèle-Fortin? Personne, probablement.