Anne-Marie D. Laflamme
(Photo : David Gaubiac )
Le design de mode pour l’art et la création
Anne-Marie D. Laflamme boursière de la Fondation de la Mode de Montréal
Au retour d’un stage de trois mois à Shanghai, Anne-Marie D. Laflamme, boursière de la Fondation de la Mode de Montréal depuis le début de ses études en design de mode, poursuit ses projets avec dans ses bagages, la richesse des couleurs, des formes, des mouvements, des cultures, qui influenceront ses créations.
La passion d’Anne-Marie Laflamme, c’est d’abord l’art, la recherche et la création. «À l’adolescence, je n’avais aucune notion de couture, mais j’étais attirée par le textile, la création de vêtements d’abord pour moi et mes amies. Je m’étais inscrite en sciences de la nature, où je m’ennuyais. J’ai retrouvé tous mes intérêts en design, les maths et la géométrie dans les patrons, les sciences dans la recherche, et l’art surtout l’art dans la création. J’étais en théâtre au niveau secondaire, j’adorais les costumes, le décor, le maquillage, les accessoires, je retrouve tout ça dans les défilés», explique l’étudiante de 23 ans, qui terminera l’an prochain son baccalauréat à l’UQAM avant d’entreprendre une maîtrise.
«Je profite de mes études pour explorer au maximum le volet artistique et créateur dans mes projets. Ça n’a rien de commercial, mais de ces œuvres conçues pour des expositions peuvent découler des adaptations pour le marché», confie la boursière qui s’intéresse particulièrement aux problèmes de société. «Je pars d’une situation et j’amorce une recherche. Par exemple, le temps et l’instant même dans un environnement, m’ont inspiré les valeurs et les couleurs d’une collection après avoir effectué des visites de lieux différents dans un temps donné. Et encore, j’ai fait une recherche sur la société virtuelle, la perception et l’illusion confrontées à la réalité des choses. Le projet s’est concrétisé par la création de vêtements qui d’un chandail sur le cintre devenait une jupe, ou d’un pantalon en réalité un manteau, lorsqu’on tentait de les porter. Tout est prétexte pour créer des vêtements, le textile est mon médium», raconte Anne-Marie.
Dès la semaine prochaine, avec une amie la boursière présentera une collection de dix pièces dans le cadre du Défilé Vert. «Il faut encore démontrer que la mode n’est pas que consommation. Les vêtements recyclés peuvent aussi être d’une grande beauté et durer encore longtemps. Nous avons d’abord choisi un thème et nous avons récupéré les tissus en fonction des couleurs et des fibres, ce sera Oh Cherry! Une collection en rouge et en motifs très estivale. Il est possible que nous produisions des collections pour chaque saison et que nous fassions des collections individuelles avec des séries de vêtements repensés et adaptés pour chacune», anticipe encore Anne-Marie.
La Fondation de la Mode a sélectionné Anne-Marie D. Laflamme depuis le début de ses études à l’UQAM, et a supporté son récent stage à l’étranger. Avec l’aide de sa professeure d’origine chinoise, pour laquelle elle travaille comme assistante, Anne-Marie a établi les liens avec un designer chinois.
«Ça été difficile de conclure une entente de stage. Il n’avait jamais accueilli de stagiaire, Zhalg Da est un jeune designer, pour qui j’ai créé une collection de sacs durant mon stage. Les formes de vêtements des créateurs chinois sont très différentes, plus géométriques, sans la silhouette du corps. Au niveau social, les relations sont également très catégorisées. J’ai profité de mon séjour pour explorer toutes les tendances artistiques, chaque génération porte ses couleurs et ses formes, les ethnies sont également très visibles d’un bout à l’autre du pays, les contrastes sont aussi intenses à la campagne en termes de mode de vie et de valeurs. Les chinois sont en recherche d’identité, ça créée une énergie incroyable au niveau artistique. Tout est en effervescence. Ils s’inspirent de leur passé, des ancêtres, tout en révélant un art très contemporain. C’est fascinant!», commente la stagiaire.
Après son stage à Shanghai, Anne-Marie D. Laflamme a parcouru le reste du pays durant un mois supplémentaire, avant de rentrer et profiter des richesses découvertes pour ses futurs projets.
(Photo : David Gaubiac )