«Une des choses que j'ai favorisées c'est d'impliquer les gens d'affaires dans la communauté. C'est ce qui fait une région forte. Si tu veux une région solide, faut que ce soit solide partout!», résume Normand Beaulieu. (Photo Pépé)
L'oreille attentive, le gars de service, l'émotif
À force de le voir mêlé à toutes les campagnes de financement d'organismes communautaires et comme ça fait 22 ans qu'il est une cheville ouvrière de la SODET-CLD, on le tient un peu, beaucoup, pour acquis. Nommé personnalité de l'année 2006 de la Chambre de commerce Bois-des-Filion/Lorraine, Normand Beaulieu était absent pour récolter cet hommage. Aujourd'hui, Normand, tu n'as pas le choix, tu passes au «cash»!
Normand Beaulieu assistait au déjeuner-conférence sur la Chine de l'Association des gens d'affaires de Blainville le 16 mai, alors que la Chambre de commerce de Bois-des-Filion/Lorraine le nommait personnalité de l'année à son déjeuner mensuel… Un vrai scénario de film. Il jure qu'il ne l'a pas fait exprès et on le croit; il avoue du même souffle «J'aurais probablement braillé!»
Le personnage est émotif, lui dit… «sentimental». Pendant l'entrevue, il manifestera une grande émotion en évoquant la publicité télé de Bombardier, où une citoyenne en voyage à l'étranger s'exclame «C'est MON Bombardier!» en voyant passer un train. Idéaliste, Normand Beaulieu voudrait que les employés soient fiers de leur entreprise, que les entreprises s'engagent à fond dans leur communauté, autant dans des oeuvres communautaires que des projets culturels. Il rêve d'une communauté tissée serrée, où chacun rend service à l'autre dans la mesure de ses moyens.
«Je viens d'une famille d'industriels. Mon père disait: si la vie t'as aidé, faut que tu aides les autres… J'ai beaucoup travaillé à impliquer les gens d'affaires dans la communauté. C'est payant pour une entreprise d'être présente dans son milieu. Les employés peuvent s'identifier à ça. C'est ce qui fait une région forte; si tu veux une région solide faut que ce soit solide partout: les entreprises, le communautaire, le culturel, etc.», résume Normand Beaulieu, qui depuis fort longtemps fait le pont entre le milieu économique (son travail quotidien à la SODET), le communautaire aves ses nombreux engagements bénévoles et le culturel avec son engagement à long terme au c.a. du Théâtre Lionel-Groulx. Un fait rare pour ne pas dire rarissime dans la région.
Écouter, rendre service
Ce que Normand Beaulieu apprécie par-dessus tout dans son travail de commissaire au développement économique à la SODET depuis 22 ans, c'est la diversité. «C'est jamais pareil. Il n'y a pas deux jours semblables et je donne des services gratuitement. Je ne charge rien. Je suis un conseiller gratuit!», s'exclame-t-il.
Et il ajoute: «Je suis une grande oreille! Dans une rencontre individuelle avec un entrepreneur, je parle peu. Je pose quelques questions ouvertes, j'écoute. Parfois on me consulte pour des problèmes de gestion et je m'aperçois que les problèmes sont personnels… Si le boss n'est pas bien dans sa peau, ça ne fonctionnera pas bien dans l'entreprise. Des fois je suis un peu gêné de ce qu'on me raconte», nous avoue-t-il.
Normand Beaulieu connaît tout le monde et tout le monde le connaît. Comme il n'est pas avare de ses services et conseils- gratuits-, beaucoup de gens lui doivent un petit quelque chose. Aussi, quand il «fait le quêteux» pour des commandites ou des dons pour tous les organismes communautaires de ce monde, en général il obtient ce qu'il demande. «J'essaie de ne pas collecter le même gars trois fois dans la même année
pour des causes différentes. Si toutes les entreprises de la région se choisissaient une œuvre locale, ça irait sur des roulettes!», explique-t-il.
Comme toutes les personnes engagées à l'extrême- on pourrait même dire à l'excès- dans leur travail et leur milieu, Normand Beaulieu a beaucoup de mal à dire non. «Mes deux bébés c'est le Théâtre Lionel-Groulx et le Club Lions. Les autres engagements c'est ponctuel, des one-shot-deal. Je participe à des comités de financement. Je ne veux pas de présidence, je ne veux pas d'hommages.» Avez-vous compris?