À la fin de la présente année scolaire, les élèves des deux classes TED (troubles envahissants du développement) de l’école des Grands-Chemins de Boisbriand iront séjourner une semaine en Gaspésie, en compagnie de leurs enseignants et éducatrices spécialisées, une sortie qui pourrait paraître banale pour d’autres élèves mais qui est loin de l’être ici.
Les deux enseignants Francis-Germain Jannard et Patricia Gignac ainsi que les deux éducatrices Marie-Noëlle Roy et Audrey Ouellette ont d’abord dû vendre le projet aux parents de leurs dix-huit élèves âgés entre dix et douze ans.
Les élèves ayant un trouble envahissant du développement sont reconnus pour être à l’aise dans une certaine routine, explique-t-on. Rompre cette routine constitue donc en soi un grand défi. Coucher à l’extérieur du domicile pendant plusieurs jours, faire un long voyage en train, séjourner près d’une semaine loin des parents et du milieu familier, voilà des aspects qui pouvaient inquiéter.
«Le voyage ne nous fait pas peur!», tranche Francis-Germain Jannard, pour qui tout le travail d’organisation des activités d’autofinancement lui paraît un bien plus grand défi.
«Avec ce projet, nous voulons sortir l’enfant TED de sa zone de confort, travailler les habiletés sociales, nous les impliquons dans la préparation du voyage», poursuit l’enseignant.
En classe, les deux enseignants consacrent cinq périodes de 60 minutes par semaine ensemble au projet Gaspésie, pour préparer les élèves à retirer le maximum du voyage. De plus, les élèves doivent aussi suivre un certain entraînement physique à la marche et à la course, pour être capable de gravir les sentiers du parc Forillon par exemple.
Système D pour débrouillardiseLa réalisation du projet est directement reliée à la motivation des quatre enseignants et éducatrices, à leur capacité d’aller chercher des partenaires, des commanditaires, dont Via Rail qui a accepté d’offrir au groupe des tarifs privilégiés pour le trajet Montréal-Gaspésie.
Une multitude d’activités de financement sont en cours: vente de pots-recettes, l’inévitable récupération d’argent Canadian Tire et de cannettes pour le recyclage, etc. «Le but est de réduire le plus possible la contribution des parents, mais ils savent qu’il y en aura une», nous explique Francis-Germain Jannard.
La principale activité d’autofinancement demeure le souper-bénéfice du samedi 4 février prochain, à l’école des Grands-Chemins, où l’on espère accueillir entre 150 et 200 personnes, à raison de 25 $ le billet. Un spectacle de magie avec «Magislain» viendra agrémenter la soirée qui débute vers 17 h et les élèves des classes TED feront partie intégrante de l’organisation de la soirée.
Les billets ne se vendent pas comme des petits pains chauds, nous sommes après les Fêtes… S’il vous reste quelques dollars pour soutenir une bonne cause, nul doute que le «Projet Gaspésie» incarne ce qu’il peut y avoir de meilleur dans notre «merveilleux» système d’éducation: la motivation d’un noyau d’éducateurs engagés à repousser les limites de leurs élèves, malgré des difficultés de tous ordres. On peut réserver ses billets pour le souper du 4 février en communiquant avec la réception de l’école des Grands-Chemins, au 450 433-5514.

Je vous souhaitent un très beau voyage, ce sera une belle expérience pour tous!