L’ordre du jour de la séance du 2 mars comprenait trois points interreliés: le changement de la grille de pondération et des critères d’évaluation à l’égard des soumissions pour services professionnels, la nomination des membres du comité de sélection pour l’évaluation de ces soumissions par système de pondération, et enfin la mise en place d’un processus de suivi de projets et de gestion de contrats. Un quatrième point, la confirmation de l’octroi des mandats juridiques de la Ville, a aussi suscité une guerre de tranchées.
La mairesse Marlene Cordato a défendu avec vigueur la position prise par sa formation politique au sein du conseil, à savoir d’améliorer les procédures et manières de faire en matière d’octroi et de suivi des mandats professionnels, en demandant l’expertise de la firme Raymond Chabot Grant Thornton pour ce faire. C’est cette firme qui a fourni la nouvelle grille de pondération ainsi que le document sur la mise en place d’un processus de suivi de projets et de gestion de contrats.
L’opposition au conseil dit avoir été tenue dans l’ignorance de l’octroi de ce mandat à la firme Raymond Chabot Grant Thornton et accuse la mairesse et sa formation de manquer de transparence, alors qu’elle en a fait un thème dominant lors de sa campagne électorale de l’automne dernier.
Les conseillers de l’opposition ne sont pas plus d’accord avec la nomination au comité de sélection pour l’évaluation des soumissions d’un avocat et d’un comptable de firmes extérieures, en lieu et place de citoyens de Boisbriand. La mairesse rétorque que ce sera «de loin le meilleur comité de sélection des trente dernières années à Boisbriand» et qu’au surplus leur mandat est d’un an et sujet à révision.
L’opposition ne voyant pas la nécessité d’adopter le document sur la mise en place d’un processus de suivi de projets, la mairesse a fini par conclure: «Ce que je ressens, c’est votre très grande résistance au changement».
Enfin, la disparition graduelle de la firme Deveau Bourgeois Gagné Hébert et singulièrement de Me Jean-François Gagné du paysage de l’hôtel de ville et son remplacement par la firme Prévost Fortin D’Aoust et par trois autres firmes lorsque Prévost Fortin D’Aoust ne peut agir, a aussi braqué les deux formations politiques au conseil.
Pour dénouer l’impasse de l’égalité des voix, lors des votes sur ces quatre résolutions, la mairesse Marlene Cordato a utilisé son droit de vote et fait adopter les résolutions.
Lors de la parole aux conseillers en toute fin de séance, le conseiller Mario Lavallée a jeté un peu de lumière sur ce qui venait de se passer… «Notre message ne passe pas!» lors des travaux préparatoires aux séances du conseil, a-t-il expliqué, alors les conseillers de l’opposition ont décidé de prendre les citoyens à témoin, en s’opposant publiquement aux résolutions avec lesquelles ils sont en désaccord.
Il faut noter que cette assemblée «historique» avait débuté avec une vingtaine de minutes de retard, une situation tout à fait exceptionnelle qui traduisait le malaise entre les membres du conseil réunis en comité plénier, dans une salle attenante à la salle des délibérations du conseil de ville.




