Fondatrice de «l'École martiale», Marie-Lou Crête travaille à faire connaître et à développer le monde des arts martiaux au Québec. C'est dans cette volonté que s'est inscrit le projet qui a déjà profité à plus de 1000 élèves du primaire. Intégré à l'intérieur de l'horaire scolaire ou encore dans le cadre d'activités parascolaires, le programme permet aux jeunes d'explorer les techniques de base du karaté-do, mais aussi de découvrir certains aspects historiques, géographiques, artistiques et philosophiques des arts martiaux.
L'intégration des arts martiaux dans le quotidien des jeunes a provoqué de grands changements dans le milieu scolaire. «Les jeunes développaient une discipline et un grand contrôle d'eux-mêmes. Ils étaient plus réceptifs et plus aptes à se concentrer à l'école. Pour les enfants ayant des déficits d'attention, des troubles de comportement ou d'apprentissage, l'expérience se révélait très positive et on pouvait réellement voir les bienfaits sur leur comportement», explique Julie Charbonneau, orthophoniste pour les écoles primaires de la Commission scolaire de la Seigneurie des Mille-Îles.
La pratique de cet art martial implique non seulement un effort physique soutenu, mais développe aussi chez les jeunes qui le pratiquent une grande conscience d'eux-mêmes et des autres. «Le karaté-do développe la coordination, l'équilibre, la motricité, la mémoire et la respiration, mais les participants deviennent surtout plus conscients des autres. Ils sont capables d'appliquer dans leur vie les grands principes et les grandes valeurs de l'enseignement du karaté-do, soit le respect de soi et des autres ainsi que la discipline», explique Marie-Lou Crête.
Les jeunes sont amenés à réfléchir sur leurs comportements, les règles et leurs sens. «Ils rédigent eux-mêmes un code de vie durant leurs ateliers et ils sont à même de le vivre au quotidien. Dans les corridors, on voit parfois les jeunes se saluer à la manière des karatékas. Les jeunes ont changé et l'ambiance s'est améliorée dans les écoles», ajoute Julie Charbonneau, elle aussi karatéka.
Une solution à bien des problèmes selon l'orthophoniste et Marie-Lou Crête qui espèrent voir venir au monde des écoles à vocation martiale au même titre que des écoles à vocation musicale. Trouver les budgets pour implanter le programme reste cependant difficile pour les écoles primaires qui ne sont pas en mesure de faire reconnaître le programme par le gouvernement. «Pour que l'on puisse voir les effets du programme à long terme, il faut pouvoir soutenir le projet et l'intégrer au milieu des enfants. Sans aide, c'est parfois difficile», déplore Marie-Lou Crête qui travaille depuis 14 ans à la formation de l'individu à travers les arts martiaux.
Marie-Lou Crête espère que le milieu scolaire continuera de s'ouvrir à la discipline du karaté-do. «C'est un art qui permet de faire du renforcement positif auprès des jeunes et de leur faire vivre des réussites. Les participants développent une estime d'eux-mêmes et se sentent capables de relever des nouveaux défis. La karaté-do encourage l'effort et créer un véritable sentiment d'appartenance», ajoute-t-elle.
Le projet de «l'École martiale» sera reconduit dès le début septembre dans plusieurs écoles de la région. Pour Marie-Lou Crête, enseigner les arts martiaux c'est beaucoup plus que de faire découvrir l'univers du karaté-do, c'est aussi donner des outils pour penser et agir; c'est transmettre toute une passion.
