Commandée par l'organisme PREL (Partenaires de la réussite éducative des jeunes dans les Laurentides) qui réunit les commissions scolaires, cégeps et services gouvernementaux de la région, la recherche a abouti à un volumineux rapport de plusieurs centaines de pages, qui se veut un exercice de synthèse des connaissances sur la question du décrochage scolaire, dans un cadre multidisciplinaire. Le seul résumé du rapport dévoilé au collège Lionel-Groulx le 10 octobre fait 38 pages, sans compter les annexes.
Dans la région des Laurentides, chaque année près de 1500 jeunes des écoles secondaires interrompent leurs études, ce qui se chiffre par 35 % d'élèves sortants sans diplôme ni qualification, rappelle-t-on.
Le comité de recherche multidisciplinaire formé par le PREL a été chargé «d'apporter un éclairage nouveau sur cette question», affirme-t-on. On dit que le comité a adopté une approche systémique qui permet d'intégrer les nombreux facteurs expliquant l'abandon scolaire et divers angles d'analyse.
Parmi les nombreux éléments interreliés qui expliqueraient le plus grand taux de décrochage scolaire dans les Laurentides, on retrouverait la mobilité résidentielle élevée, l'augmentation du nombre de familles monoparentales, le nombre élevé d'heures travaillées chez les étudiants, de même que le passage difficile du secondaire au collégial.
Le rapport de recherche, semble-t-il endossé à 100 % par les organismes membres du PREL, indique des pistes à suivre pour contrer l'abandon scolaire: se préoccuper de la réussite scolaire tôt et tout au long du cheminement des jeunes; développer chez les jeunes les habiletés et compétences en regard des textes écrits; mieux outiller et accompagner les étudiants en matière d'orientation scolaire et professionnelle; favoriser à l'école des pratiques et stratégies efficaces (?); assurer la conciliation travail-études.
Un projet-pilote a déjà été entrepris l'année dernière auprès d'élèves du secondaire et d'employeurs de la région, en matière de conciliation travail-études, a révélé la coordonnatrice du PREL, Lyne Deschamps.
Cette année, on mettra des énergies à la préparation d'une «trousse parents», qui regroupera un ensemble d'informations pour les outiller à aider leur jeune en matière d'orientation professionnelle, a répondu Lyne Deschamps à une question d'une intervenante communautaire présente au dévoilement du rapport.
Et on utilisera les réseaux existants, notamment les multiples tables de concertation, pour rejoindre les parents. Il n'est pas question de créer d'autres structures par dessus celles qui sont déjà à l'œuvre, a précisé un membre du PREL, Yves Sylvain de la CS de la Rivière-du-Nord, et cela même ça ne semble pas aller assez vite au goût de certains.
On semble se consoler un peu en rappelant que l'abandon scolaire a (très) légèrement chuté dans la région récemment, passant à 34 %. Mais cette diminution de 1 % est-elle significative ou l'effet d'un certain hasard statistique?
Et une question … Devant les conclusions de l'étude, notamment sur l'importance de l'orientation scolaire et professionnelle pour prévenir l'abandon scolaire, les commissions scolaires et les cégeps membres du PREL augmenteront-ils les ressources affectées à l'information scolaire et professionnelle, à l'aide pédagogique individuelle et à l'orientation des élèves, dans les polyvalentes et cégeps de la région?
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