La MRC Thérèse-De Blainville, une nouvelle Gaspésie?

Donald Brouillette
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Des services gouvernementaux anémiques pour la MRC Thérèse-De Blainville et la couronne nord

Le préfet de la MRC Thérèse-De Blainville, Paul Larocque, avait réservé une primeur aux invités du 3e souper annuel de la Chambre de commerce et d'industrie Thérèse-De Blainville où il est le conférencier, en divulguant l'essentiel des conclusions d'une étude récente sur le déséquilibre des ressources gouvernementales dans notre MRC.

La MRC Thérèse-De Blainville, une nouvelle Gaspésie?

Confiée à deux chercheurs universitaires et réalisée entre les mois d'août et décembre 2007, l'étude commandée par la MRC Thérèse-De Blainville avait pour objectif de vérifier l'existence ou non, d'un déséquilibre des ressources gouvernementales dans notre MRC. Pour les fins de l'étude, cinq secteurs avaient été identifiés: économie, éducation, santé et services sociaux, culture, sport et loisirs, transports et infrastructures. Une centaine de documents officiels ont été analysés et une cinquantaine d'acteurs du milieu consultés.

Au cours des prochaines semaines, la MRC Thérèse-De Blainville se lancera dans une vaste campagne d'information pour diffuser les résultats de cette recherche, dénoncer l'iniquité dans l'affectation des ressources gouvernementales et réclamer sa juste part, annonçait Paul Larocque le jeudi 13 mars.

Par contre, le préfet a déjà commencé à marteler les conclusions de l'étude: «Ce que notre recherche a démontré, c'est que nous avons les pires ratios du Québec en matière de services gouvernementaux, n'étant parfois dépassé que par la région du Nord-du-Québec. (…) que l'on réside à Blainville ou que l'on habite à Gaspé ou a Matagami, on a droit aux mêmes services publics en matière de santé, d'éducation, de services gouvernementaux, d'aide à l'industrie culturelle, de formation professionnelle ou d'entretien du réseau autoroutier. (…) Nous contribuons beaucoup à l'enrichissement collectif du Québec, alors que nous recevons en services publics moins que partout ailleurs.»

Lever le coin du voile

Histoire de faire taire les sceptiques devant ces constats dignes d'une région périphérique comme la Gaspésie, le préfet Paul Larocque a fourni lors de sa présentation, une série d'exemples illustrant le déficit des services publics pour plusieurs secteurs d'activité.

L'accès difficile aux soins de santé pour les résidants de la MRC et de la couronne nord en général était sans doute le plus aisé à démontrer, tel qu'en atteste le taux de 0,57 médecin omnipraticien par 1000 habitants dans notre MRC, alors que la moyenne québécoise s'établit à un omnipraticien par 1000 habitants.

La fonction publique présente dans la région pour représenter les divers ministères et organismes gouvernementaux ne serait pas plus adéquate, ayant des effectifs qui ont diminué de 2,3 % de 2001 à 2006, alors qu'ils augmentaient de 2,1 % dans l'ensemble du Québec. Encore pire quand on sait que la population de la région des Laurentides a augmenté de près de 10 % au cours de la même période.

L'absence d'un centre d'études universitaires dans la région, de même que le déficit de capacité d'accueil du collège Lionel-Groulx prévu pour 2010, font aussi partie des revendications du préfet.

La même analyse prévaut pour le sous-financement des organismes communautaires de la région ainsi que des organismes du secteur de la culture et des loisirs.

Ironiquement, le préfet s'est interrogé publiquement si on pouvait demander aux organismes, entrepreneurs et gens d'affaires de la région de ralentir un peu: «pour permettre à la machine gouvernementale de reprendre son souffle et de nous rattraper. Mais c'est curieux: je crois qu'un tel appel ne serait pas entendu. Il va falloir que la machine se mette à s'activer un peu plus vite, parce qu'ici, personne ne va sombrer dans l'immobilisme», concluait Paul Larocque.

Est-ce bien utile de préciser que la plupart des personnes présentes au souper de la CCITB, décideurs, dirigeants d'organismes, gens d'affaires, ont semblé boire les paroles du conférencier comme du petit lait ou, dit autrement, ce discours résonnait comme de la musique à leurs oreilles. Conscient de ce fait, Paul Larocque a terminé son allocution en affirmant: «Moi et mes collègues, maires et mairesses de la MRC (…) porterons le dossier du déséquilibre là où il doit être porté, et nous savons que nous ne serons pas seuls.»

Organisations: Lionel-Groulx

Lieux géographiques: MRC Thérèse-De Blainville, Gaspésie, Québec Gaspé Matagami Région des Laurentides

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