Réunis en assemblée générale le mercredi 18 avril, les étudiants du collège Lionel-Groulx ont refusé de reconsidérer leur décision d’être en grève générale illimitée jusqu’à ce que la ministre Beauchamp accepte de négocier la question de la hausse des droits de scolarité à l’université.
Les signaux envoyés par la direction du collège aux étudiants étaient pourtant nombreux et explicites, via des courriers électroniques, une conférence de presse et des publicités dans les quotidiens. «Il est donc minuit moins trente secondes pour proposer un scénario qui assurera la qualité de la formation», pouvait-on lire dans le communiqué de presse émis le lundi 16 avril.
Le message de la direction incitait en outre les étudiants à se présenter nombreux à leur assemblée générale pour faire valoir leur opinion.
Or, environ le tiers des étudiants du collège ont participé à l’assemblée générale et 56 % de ceux-ci ont repoussé la motion de reconsidérer le mandat de grève. L’appel de la direction n’a donc pas eu l’effet escompté. Bien au contraire, l’assemblée générale a même refusé qu’un porte-parole de la direction vienne expliquer la position de l’administration!
Profs solidaires et en désaccord avec la directionLes enseignants ont eu plus de chance que la direction et ont pu exprimer une mise au point devant les étudiants en assemblée générale.
«Nous, on ne croit pas que c’est essentiel de rentrer demain pour la qualité de l’enseignement. On veut que vous ayez des débats sains et sans crainte excessive. On croit que la démocratie forte se fait via des débats et non par vote électronique», a déclaré en substance François Vervaet, président du syndicat des enseignants. Celui-ci a laissé entendre que les enseignants trouveront, le moment venu, les formules pour assurer la qualité de la formation dispensée à la présente session.
Le syndicat des enseignants a aussi publié une nouvelle édition de son feuillet «Carrément solidaires!» titrant en première page: «Selon nous: il n’est pas minuit moins trente secondes», une réponse cinglante à la mise en garde de la direction du 16 avril.
Le vote pour reconsidérer le mandat de grève générale illimitée s’est finalement soldé par 823 en faveur, 1057 contre et 8 abstentions.

