Même si le thème de l’environnement est omniprésent dans les débats publics, on se rend compte qu’il y a peu de gens qui portent le flambeau au quotidien, dans leur milieu, avec une certaine continuité des actions. C’est pourtant le cas de quelques dizaines d’irréductibles rassemblés dans le mouvement Enviro Mille-Îles, dont on soulignait le 31 mai le dixième anniversaire.
Réunis à Bois-des-Filion pour souligner l’événement, les membres d’Enviro Mille-Îles ont pu mesurer le chemin parcouru depuis la fondation en 2001, avec la nomenclature de tous les dossiers soulevés par leur organisme au fil de ces dix ans.
Le président Martin Drapeau, d’ailleurs l’un des deux cofondateurs de 2001, a relevé les bons coups, mais aussi les échecs d’Enviro Mille-Îles. Au chapitre des dossiers qui ont connu un dénouement positif, on note la mobilisation pour la préservation d’une partie de la Forêt du Grand Côteau à Lorraine, les pressions pour faire cesser la coupe d’arbres dans le Parc du domaine vert, les interventions sur le mauvais fonctionnement de l’usine d’épuration de Boisbriand et sur le suivi de la qualité de l’eau de la rivière des Mille Îles, les efforts pour protéger le marais Tylee à Rosemère des sels de déglaçage utilisés l’hiver dans les stationnements limitrophes, etc.
Les dossiers où Enviro Mille-Îles s’est cassé le nez ou a dû capituler faute de temps, de ressources ou de collaboration des élus sont tout aussi nombreux… Construction d’une résidence pour personnes âgées dans le domaine Garth à Lorraine, absence d’une bande riveraine cyclable en bordure de la rivière aux Chiens, demande pour une collecte des matières résiduelles à trois voies (incluant le compostage), protection mal assurée d’importantes tourbières à Blainville, dont une est déjà sacrifiée pour le développement de la zone industrielle et des voies d’accès à l’autoroute 15.
Plus que jamais pertinentMartin Drapeau a conclu son rappel des dix premières années d’existence d’Enviro Mille-Îles en affirmant que le groupe est «plus que jamais pertinent, (…) qu’il favorise la continuité des actions environnementales et fait appel à l’expertise des citoyens.»
Le président d’Enviro Mille-Îles n’a pu passer sous silence l’épisode où il a dû se servir de la loi pour contrer les poursuites-bâillons, afin de se défendre d’avoir posé des questions au conseil de ville de Boisbriand sur le contrat accordé pour la réfection de l’usine d’épuration, alors qu’il n’y avait qu’un seul soumissionnaire, la compagnie Infrabec. On connaît la suite, David a gagné contre Goliath cette fois.
En matière d’environnement rien n’est acquis définitivement, surtout pas dans une région où la pression au développement est incessante. Ainsi, la réserve foncière décrétée par la ville de Lorraine sur la Forêt du Grand Côteau arrive à échéance cette année et Enviro Mille-Îles suivra de près les actions de la municipalité. D’innombrables autres dossiers à traiter n’attendent que des bras et des énergies supplémentaires…
