«C’est bon pour la santé des femmes»

Claudine Mainville
Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

Journée nationale des centres de femmes à Sainte-Thérèse

La présidente du conseil d’administration du Centre Rayons de femmes Thérèse-De Blainville, Nicole Dallaire, est entourée de Pierrette Gratton présidente de l’AREQ secteur Seigneurie-des-Mille-Îles, France Talbot du conseil d’administration, Micheline Gauthier coordonnatrice du Centre Rayons de femmes et Vicky Langlais coordonnatrice du Réseau des femmes des Laurentides.

Le thème de la santé mentale a été privilégié cette année pour la Journée nationale des centres de femmes, «Les centres de femmes, c’est bon pour la santé des femmes», à travers le Québec, mais aussi au Centre Rayons de femmes Thérèse-De Blainville.

L’R des femmes, soit le regroupement des cent un centres de femmes au Québec, célébrait pour une dixième année, le 2 octobre dernier. À Sainte-Thérèse, les dirigeantes et intervenantes du Centre Rayons de femmes, tenaient à accueillir le public et à offrir des activités appropriées au thème de cette année, la santé mentale.

Les intervenantes souhaitent la mise en place d’une nouvelle approche en santé mentale, la lutte stéréotypes et le développement de services adéquats et surtout arrimés pour favoriser une meilleure santé chez les femmes. «La médicalisation du corps et de la souffrance des femmes est un phénomène que les féministes ont abondamment dénoncé. À cela, s’ajoute la main mise de la psychiatrie sur la vie émotionnelle des femmes dont plusieurs réactions légitimes sont considérées comme des maladies mentales…Par leurs difficiles conditions de vie, elles sont vues comme des malades souffrant de dépression majeure, de troubles anxieux, de troubles de la personnalité, etc», souligne-t-on dans le document de référence Femmes et santé mentale, de L’R des centres de femmes du Québec, publié le mois dernier.

Même son de cloche du Réseau des femmes des Laurentides, qui a réalisé une étude, en recueillant des témoignages des femmes et des intervenantes des divers réseaux, et qui a tenu un colloque sur la santé mentale en 2009. Les femmes sont de plus en plus médicalisées, les cas sont de plus en plus lourds et les ressources peu accessibles. «Nous avons fait des rencontres entre les organismes et services du réseau de la santé et des services sociaux. Les personnes vulnérables sont déjà isolées et peu soutenues, si en plus elles doivent sans cesse répéter leur histoire, se promener d’un service à l’autre, elles retournent tout simplement chez elles et leur état de santé se détériore de plus en plus…», explique Vicky Langlais du RFL.

L’étude réalisée a démontré une méconnaissance des services des organismes entre eux, une situation qui malgré la bonne volonté des intervenantes peut être néfastes pour les femmes en difficulté. Le suivi et l’arrimage des services sont essentiels pour bien encadrer et soutenir la personne dans sa démarche, soutiennent les intervenantes. Les soins obtenus, la médicalisation si nécessaire, doivent également être accompagnés d’activités favorisant le rétablissement de la confiance en soi, la reconstruction et l’assurance de l’autonomie de la personne. Au premier rang de la détérioration de la santé chez les femmes, on souligne les effets des déterminants sociaux, et au premier chef la pauvreté.

Une question de société

«L’OMS (Organisation mondiale de la santé mentale) prévoit que d’ici 2030, les troubles de santé mentale représenteront la principale cause de morbidité (Rapport du nombre des malades au nombre de personnes saines dans une population donnée et pendant un temps déterminé, dans les pays industrialisés)», a souligné en premier lieu, l’une des animatrices de l’atelier, Pierrette Gratton.

«La détérioration de la santé mentale n’est pas une fatalité, mais en grande partie une question de société sur laquelle nous pouvons et devons agir», affirme l’animatrice.

Les déterminants sociaux, sont constitués des milieux de naissance et de vie des personnes, le milieu de travail, les pressions exercées par les inégalités, les éléments et personnes de l’environnement immédiat, l’accès et l’accueil dans les services requis au fil des situations. La prévention tient compte de ces constats pour changer le cours des choses et favoriser la persévérance dans l’amélioration de ses propres conditions de vie et son intégrité en tant que personne autonome.

«Il faut réfléchir aux causes des insatisfactions chroniques dans la vie des femmes et chercher des solutions alternatives afin de promouvoir la santé mentale et prévenir les problèmes de santé mentale», a expliqué Pierrette Gratton en s’inspirant de la documentation du RQASF (Réseau québécois d’action pour la santé des femmes) et de l’R des centres de femmes.

Organisations: Centre Rayons de femmes Thérèse-De Blainville.L’, Réseau des femmes des Laurentides, Organisation mondiale Réseau québécois

Lieux géographiques: Québec, Sainte-Thérèse, OMS

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires