Des échanges récents et altercations survenus en juin entre des professeurs du collège Lionel-Groulx et la direction de l'établissement laissent à penser que la rentrée du mois d'août se fera dans une atmosphère lourde, qui n'aura rien à envier aux dernières semaines de mai avant qu'on décrète la suspension de la session d'hiver 2012.
Tout d'abord il faut rappeler que l'association étudiante est toujours en grève ou en boycott des cours et qu'elle tentera sans doute de faire respecter ce mandat, qui n'a toujours pas été invalidé par une assemblée générale.
D'autre part, les onze profs qui ont critiqué publiquement la direction en publiant une lettre ouverte conjointe dans le quotidien Le Devoir (dont Le Courrier a résumé la teneur dans son édition du 6 juin) ont reçu une lettre disciplinaire à leur dossier, rien pour améliorer le climat de travail.
Enfin, le 19 juin la directrice générale du collège Monique Laurin a adressé une lettre aux enseignants, dans laquelle elle repousse la demande de certains départements, à l'effet que le collège «s'engage formellement à ne pas faire appel à une force policière afin de forcer la rentrée prévue en août (…) et de ne pas exiger des enseignants d'exercer les tâches qui leur incombent sur un campus où le droit de circuler librement et celui d'afficher ses convictions sont bafoués.»
La directrice générale invite les enseignants à ne plus s'adresser au conseil d'administration du collège pour qu'il se prononce sur des questions «d'intendance» ou d'interprétation de la convention collective. Elle affirme d'autre part que «les forces policières n'auront aucunement besoin d'un appel du Collège pour faire respecter ses dispositions».
Visiblement excédée des demandes qui lui sont acheminées, la directrice générale demande «aux enseignants de faire preuve d'une certaine réserve dans le conflit actuel, et ce, par respect pour l'ensemble des étudiantes et étudiants du Collège qui expriment des opinions divergentes.»
«Vous demandez le respect de vos convictions alors que certains d'entre vous prenez vous-même parti pour une cause à laquelle plusieurs étudiantes et étudiants n'adhèrent pas», énonce Monique Laurin à l'intention des enseignants.
«Vous aurez compris que, dans ce contexte, je ne peux donner suite à votre requête», conclut-elle.
Reverra-t-on le même genre de scènes le jeudi 16 août, jour de la rentrée prévue pour poursuivre la session d'hiver 2012 à Lionel-Groulx, que le mardi 15 mai dernier?
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