Le préfet de la MRC nous avait habitués à des allocutions plutôt revendicatrices à l’égard des instances gouvernementales, avec des exemples concrets et des dossiers ciblés, lors de ses quatre passages précédents à la tribune de la CCITB.
Cette fois, Paul Larocque a décidé d’y aller d’une présentation plutôt générale touchant l’importance de la mobilité des personnes et des biens au sein de la nouvelle économie et d’un appel à dépasser l’esprit de clocher chez les élus qui ont à prendre des décisions en matière d’aménagement et de transport.
Pourquoi avoir choisi la thématique du transport comme plat de résistance pour ce souper sur les enjeux économiques, a d’abord expliqué le conférencier. Parce que nous nous déplaçons plus que jamais; pour travailler, pour étudier, pour nous divertir, etc. et souvent très loin de notre domicile. Il en est de même pour les biens de toute nature qui nous arrivent de tous les coins de la planète, mêmes les denrées périssables comme les fruits et légumes.
Dans ce contexte, le préfet appelle à mettre fin à l’esprit de clocher qui marque souvent les élus: «On est jaloux de notre territoire, mais il n’y a pas de frontières entre les villes, cela n’a pas de sens pour les individus, pas plus que pour les entreprises. Le secteur du transport demande qu’on l’aborde avec une vue plus large que les entités administratives des régions», affirme-t-il.
Mais il y a loin de la coupe aux lèvres et la lourdeur de la bureaucratie se fait sentir. Le conférencier donne en exemple le dossier de l’aménagement d’une voie réservée sur le boul. Pie IX à Montréal, qui aura pris sept ans pour aboutir! Pendant ce temps, il y a des rendez-vous avec le présent qu’on manque, déplore Paul Larocque
Le préfet note tout de même une certaine évolution des mentalités des élus siégeant à la Communauté métropolitaine de Montréal et donne en exemples des consensus récents auxquels ils sont arrivés, après des années de discussion.
«Le dynamisme de la métropole passe par la fluidité du transport», affirme Paul Larocque. Et s’il faut encourager le transport collectif et le développer, le conférencier rappelle qu’il ne faut pas pour autant décourager le transport privé, qui est toujours stable lorsqu’on mesure l’utilisation des divers modes de transport.
À l’échelle de la MRC, les solutions passent par la modernisation des trains de banlieue, des stationnements incitatifs de capacité suffisante, le développement du covoiturage et le parachèvement du réseau routier, résume le préfet.
Mais au-delà d’une liste d’épicerie de demandes aux gouvernements supérieurs, le préfet de la MRC Thérèse-De Blainville a conclu son exposé par un appel à l’ouverture d’esprit face aux réalités de la nouvelle économie, qui exigent de dépasser les visions étroites du passé et de penser en terme de «réalité métropolitaine»… «Les besoins de transport sont identiques à l’intérieur du territoire de la CMM et même au-delà», rappelait-il.
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